Projets réalisés

Le français en usage au Québec : des pratiques linguistiques aux normes sociales en partage

Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), Soutien aux équipes de recherche (2020-2024)

Chercheur principal : Wim Remysen (Université de Shebrooke)

Co-chercheuses du Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec, CRIFUQ : Kristin Reinke et Suzie Beaulieu

Résumé :

Les deux co-chercheuses sont membres du Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec (CRIFUQ), qui regroupe des chercheuses et chercheurs de cinq universités québécoises et dont les travaux partagent un objectif commun : celui de faire avancer les connaissances du français en usage au Québec. Il aborde la question langagière québécoise du double point de vue des pratiques linguistiques (notamment sous l’angle de la variation, phénomène qui a des implications sociales importantes, p.ex. dans le domaine de l’enseignement du français) et des discours (qui permettent de documenter le rapport des individus à leur langue autant qu’à leurs semblables).

Les co-chercheuses participent notamment à la réalisation de l’axe de recherche 2 du Centre : les approches sociolinguistiques, acquisitionnelles et didactiques des normes et des usages qui visent la réflexion sur la variation de la langue, tant sur le plan de la représentation théorique que sur celui de la méthodologie descriptive, la meilleure compréhension des rapports que les locuteurs entretiennent avec la langue française ainsi que le développement d’une expertise susceptible de répondre à des questions sociales en lien avec la langue.

La langue du doublage québécois : les attitudes des Québécois par rapport à une pratique langagière à contre-courant de leur réalité sociolinguistique

Subvention : Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Subvention Savoir (2020-2022)

Chercheuse principale : Kristin Reinke (ULaval)

Collaborateurs : Suzie Beaulieu (ULaval), Luc Ostiguy (UQTR)

Résumé :

La problématique de la langue des films et des téléséries doublés au Québec est un enjeu où interviennent des aspects fondamentaux de la société québécoise tels que l’identité culturelle et la sensibilité linguistique. Dans une précédente recherche, nous avons montré que les prononciations typiques du français québécois (FQ) sont quasi absentes dans les doublages, réalisés, en grande partie sans nuances, en français normatif. Cette pratique langagière étonne car elle va à contre-courant de celles observées de nos jours au cinéma et dans les médias de divertissement et d’information, plus accueillants envers les variétés du FQ. Diverses raisons ont été évoquées par l’industrie du doublage pour expliquer ce paradoxe, mais elles ne reposent que sur des croyances, la coutume ou un parti-pris traductologique. Dans les faits, on ne sait rien des attitudes linguistiques des Québécois à l’égard de la langue utilisée dans le doublage, puisqu’aucune étude n’a porté sur cette question.

Pour mettre au jour ces attitudes linguistiques, ce nouveau projet répondra à 3 questions : (1) Comment les Québécois réagissent-ils devant la convention actuelle du doublage en français normatif? (2) Comment réagissent-ils devant des doublages réalisés dans une ou des variétés plus proches de leur réalité langagière? (3) Le fait de savoir qu’il s’agit d’un doublage influence-t-il leurs réactions à l’égard de la variété entendue?

Pour ce faire, 2 tests d’attitudes inspirés d’une technique éprouvée, le locuteur masqué, seront conçus. 120 participants, répartis selon le sexe, l’âge et la scolarisation, évalueront des stimuli de 4 ordres : a) des extraits originaux de films doublés au Québec; b) ces derniers, mais manipulés par notre équipe en collaboration avec un studio de doublage pour y introduire : (b1) des variantes phonétiques du FQ standard, (b2) des variantes phonétiques du français familier partagées par tous les francophones, et (b3) des variantes phonétiques propres au FQ familier. Les stimuli du premier test seront présentés avec bande sonore seulement à un groupe de participants et les stimuli du deuxième test seront présentés avec bande image à l’autre groupe. Un questionnaire sur l’opinion des participants à l’égard du FQ et de la langue du doublage complètera les données et permettra d’explorer les fondements des attitudes observées.

Attitudes linguistiques à l'égard des nouveaux arrivants non francophones à Québec

Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (2018-2020)

Chercheuse principale : Suzie Beaulieu (ULaval)

Co-chercheuse : Kristin Reinke (ULaval), collaborateur : Leif Michael French (Sam Houston State University)

Résumé :

Depuis les deux dernières décennies, le Canada mise sur un accroissement des communautés immigrantes pour faire face au vieillissement de la population et pour combler une rareté de main d’œuvre. Dans ce contexte, des villes canadiennes traditionnellement homogènes, comme dans le cas qui nous intéresse, la ville de Québec, voient leur paysage ethnoculturel se diversifier considérablement et rapidement, ce qui donne lieu à des débats entourant la diversité culturelle grandissante et la place de l’immigration. C’est donc souvent dans un contexte de tension idéologique que les nouveaux arrivants doivent parvenir à maitriser le français à un niveau qui leur conférera le capital linguistique nécessaire pour favoriser leur intégration socioprofessionnelle et contribuer, tel qu’attendu, à leur nouveau milieu.

Étant donné le rôle déterminant que joue le contexte social sur l’apprentissage de la langue et le processus d’acculturation, il nous importe de documenter les signes d’ouverture et de tension des sociétés d’accueil qui se manifestent sur la base du français parlé par les nouveaux arrivants. L’objectif de notre recherche est de mettre en lumière les attitudes positives ou négatives que les résidents de la ville de Québec adoptent à l’égard de locuteurs non francophones dont le français est marqué par la présence d’un accent étranger. Cette étude préliminaire repose sur l’identification des attitudes linguistiques et de leurs fondements à l’égard de quatre groupes ethnolinguistiques importants (c.à.d., arabe, espagnol, mandarin et anglais) de la ville Québec. Les participants de ce groupe pilote, des étudiants francophones âgés entre 20 à 25 ans, évalueront des échantillons de paroles différenciés par l’appartenance à un groupe ethnique marquée par la présence d’un accent étranger dans un premier test, ou par l’apparence physique dans un deuxième test. L’étude propose également d’identifier les facteurs personnels (p.ex. : expériences antérieures de contacts intergroupes) corrélés aux attitudes rapportées par l’entremise d’un questionnaire. Les données ainsi recueillies seront croisées afin de révéler 1) la nature des attitudes linguistiques des participants (positives ou négatives), 2) si ces attitudes sont les mêmes à l’égard des quatre groupes ethnolinguistiques et 3) le rôle des expériences et croyances personnelles à la base des attitudes rapportées.

Enseignement aux réfugiés en alpha-francisation : mise en œuvre d'une approche d'enseignement adaptée aux besoins des apprenants

Subvention : Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, Programme engagement partenarial (2018-2019)

Chercheuse principale : Suzie Beaulieu (ULaval)

Co-chercheuse : Véronique Fortier (UQAM), partenaire : Centre Louis-Jolliet

Résumé :

Le Centre d’éducation des adultes Louis-Jolliet, situé dans la ville de Québec, accueille un nombre grandissant de réfugié·e·s peu ou non scolarisé·e·s dans leur pays d’origine. Ces élèves, qui fréquentent le centre, notamment dans le but de développer des compétences fonctionnelles en français, possèdent des caractéristiques qui les distinguent d’autres apprenant·e·s en francisation, comme un faible niveau de littératie, des difficultés à concevoir la langue comme un objet d’analyse et une capacité mémorielle limitée (voir DeCapua et Marshall, 2015). Ces caractéristiques se traduisent par des défis importants pour les enseignant·e·s en alpha-francisation, qui ne possèdent ni programme d’études, ni matériel didactique, ni formation spécifique pour intervenir auprès de ces populations.

Ainsi, par le présent projet, nous visons l’objectif général de travailler étroitement avec le partenaire à la coproduction de connaissances pratiques, s’appuyant sur des avancées récentes de la recherche en didactique des langues, pour enrichir l’enseignement du français pour une population peu ou non scolarisée. Pour ce faire, deux objectifs particuliers seront poursuivis : 1) adapter, en collaboration avec le partenaire du milieu, une approche reconnue d’enseignement des langues secondes (c.à.d input-based language tasks) aux particularités et aux besoins d’une population adulte peu ou non scolarisée, et 2) documenter le processus d’implantation de l’approche du point de vue des enseignant·e·s et des apprenant·es. Les retombées du projet visent d’abord le partenaire, qui bénéficiera de formation et d’accompagnement, mais n’y seront pas exclusives.

La langue du doublage québécois : usages et perceptions

Subvention : Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada (CRSH) (2015-2017)

Chercheuse principale : Kristin Reinke (ULaval)

Collaborateurs : Caroline Émond (UQAM), Luc Ostiguy (UQTR), Carsten Sinner (Universität Leipzig)

Résumé :

La problématique de la langue utilisée dans les films et les téléséries doublés au Québec est un enjeu où interviennent des aspects fondamentaux de la société québécoise tels que l’identité québécoise et l’acceptation de la variation sociolinguistique au sein d’une même langue. On observe une contradiction entre la volonté de se reconnaître à travers la langue du doublage et la promotion d’un français « international » où la variation linguistique telle qu’elle s’observe en français québécois est presque inexistante.

La question est de savoir comment les doubleurs réagissent face à ce défi d’offrir des doublages qui permettent aux Québécois de se reconnaître tout en utilisant un français qui se veut neutre. L’objectif de notre recherche est double : (1) caractériser la langue entendue dans les films et les téléséries doublés au Québec, plus spécifiquement déterminer quels sont les éléments linguistiques qui pourraient permettre l’identification d’un doublage réalisé au Québec et les hiérarchiser selon leurs valeurs sociales; (2) évaluer les perceptions des Québécois par rapport à ces derniers, plus spécifiquement vérifier si les Québécois se basent réellement sur ces éléments linguistiques pour identifier un doublage comme étant québécois. L’étude repose sur un corpus de films appartenant à trois genres cinématographiques (comédies, drames, dessins animés) et de téléséries.

L’analyse linguistique est effectuée en fonction du genre, du degré de formalité des séquences et des caractéristiques sociales des personnages. Elle combine trois volets d’analyse qui découlent des deux étapes cruciales du doublage que sont la traduction et l’enregistrement des voix : analyse des stratégies de traduction et du lexique (la traduction des référents culturels et l’usage d’un vocabulaire géographiquement et socialement marqué), analyse phonétique (selon la valeur sociale des variantes phonétiques) et analyse prosodique (l’intonation). Les résultats de l’analyse linguistique sont mis en relation avec ceux issus d’un test de perception sur l’identification des énoncés perçus comme québécois ou français.

Exploring the use of linguistic corpora for second language (L2) training of health professionals

Subvention de Santé Canada et Université McGill (2015-2016)

Chercheuse principale : Suzie Beaulieu (ULaval)

Co-chercheur : Leif Michael French (Sam Houston State University)

Résumé :

L'intérêt pour l'utilisation de la recherche en linguistique de corpus afin d'informer la formation en L2 des professionnels de la santé est croissant (Crawford, Brown, & Harvey, 20I4), tout comme les projets de création de corpus spécialisés dans la communication en santé (par exemple, Bilingual Second Language Training Corpora (BL2TC) [French, Lapointe & Bellemare,2012] ; Nottingham Health Communication Corpus (Adolphs,Brown, Carter, Crawford, & Sahota, 2004 ; Crawford et al, 2014). Il est intéressant de noter que, bien que les corpus de santé existants fournissent des informations précieuses sur la nature spécialisée de la communication dans le domaine des soins de santé, peu de tentatives ont été faites pour examiner l'utilisation de la langue documentée dans ces corpus d'un point de vue clinique ou de patient, ou par le biais de mesures linguistiques objectives. En tant que telle, la recherche examinant les relations potentielles entre les mesures subjectives et objectives de l'utilisation de la langue à partir de corpus de communication dans le domaine de la santé est pratiquement inexistante, mais elle serait particulièrement utile pour la formation en L2 et fournirait également des informations importantes sur les barrières linguistiques potentielles qui conduisent à des ruptures de communication.

L'objectif principal de cette étude est  double. Premièrement, afin de valider le BL2TC en tant qu'outil crédible pour reproduire l'utilisation du langage dans des situations de communication dans le domaine de la santé, des jeux de rôles tirés de BL2TC seront évalués par des professionnels de la santé pour vérifier leur pertinence clinique et les perceptions des locuteurs natifs de la communication verbale de l'empathie/sympathie dans l'un des jeux de rôles seront recueillies. Deuxièmement, la langue utilisée par toutes les infirmières dans tous les jeux de rôle sera examinée objectivement sur des mesures liées à la complexité grammaticale et à la fluidité de l'énonciation. En recueillant des mesures subjectives et objectives de l'utilisation du langage par les infirmières, il sera possible d'effectuer des tests statistiques afin d'examiner les relations potentielles entre les degrés perçus de communication empathique, la complexité grammaticale et la fluidité de l'expression.

Le français en usage au Québec : pratiques et usages

Fonds de recherche du Québec - Société et culture (FRQSC), Soutien aux équipes de recherche (2016-2020)

Chercheur principal : Wim Remysen (Université de Sherbooke) 

Co-chercheuse du Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec, CRIFUQ : Kristin Reinke (ULaval)