PREP-FLS: Plateforme de ressources pour l'enseignement de la pragmatique en français langue seconde

Témoignages de nos collaboratrices et collaborateur

Présentation du guide

Pourquoi la compétence pragmatique?

Pourquoi s'intéresser à la compétence pragmatique en classe de L2? 

Les locutrices et locuteurs de langue seconde (L2) font face à un double défi dans le développement de leur compétence communicative : apprendre les formes qui régissent le code linguistique [du français] (p. ex. la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe et la phonologie) et comprendre les normes et pratiques socioculturelles partagées par les membres de leur nouvelle communauté linguistique (p.ex. politesse, gestion des tours de parole) (Ishihara et Cohen, 2022), en majorité des locutrices et locuteurs du français québécois.  

Les programmes de formation linguistique utilisés dans les centres de français L2 (p. ex. le programme d’études Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015)) s’appuient sur des modèles de compétence communicative qui rendent compte de différentes dimensions essentielles à l’apprentissage d’une langue. 

Exemples de modèles de compétence communicative

Version traduite et simplifiée du modèle de Bachman et Palmer (1996)

Le modèle de compétence communicative de Félix-Brasdefer (2025) 

La compétence pragmatique est essentielle au succès de l’interaction interculturelle (Félix-Brasdefer, 205). Un manque de compétence pragmatique peut entraîner des conséquences sur les relations entre des locuteurs L2 et les membres de la communauté cible. 

La compétence pragmatique peut être définie comme l’habileté à bien transmettre son intention selon ses buts communicatifs à l’aide de formulations appropriées à la situation (Taguchi, 2019). C’est donc savoir quoi dire, à qui le dire, quand le dire, et comment le dire pour bien véhiculer son intention (Bardovi-Harlig, 2013). 

Exemple : 

Un employé, locuteur de français L2, est arrivé très en retard au travail et interrompt une importante réunion. Après la rencontre, son patron le réprimande. L’employé lui dit : « désolé ». 

Cette excuse est trop directe pour une situation où un employé s’adresse à son patron et où l’offense est assez sévère. Une telle formulation peut nuire à l’image de l'employé. 

Il est donc important d'outiller les apprenantes et apprenants du français afin qu’ils puissent bien interpréter les situations de communication qu’ils rencontrent et qu’ils déploient les ressources linguistiques appropriées pour transmettre leurs intentions. 

Or, cette dimension est souvent négligée en salle de classe (Taguchi, 2019), notamment parce que les enseignantes et enseignants détiennent peu de connaissances explicites sur la pragmatique (Glaser, 2023). La recherche, principalement menée en milieu anglophone, a également démontré que les notions sur la pragmatique présentées dans le matériel pédagogique mis à disposition des enseignantes et enseignants (p. ex. les manuels) sont lacunaires (Pérez-Hernandez, 2021), décontextualisées (Ishihara et Paller, 2017) et sous-représentées (Ren et Han, 2016). Le manque de temps pour créer ou adapter du matériel, d’une part, et pour enseigner la pragmatique, d’autre part, constituent des défis considérables qui ont également été rapportés dans la recherche (Bardovi-Harlig, 2017 ). 

Compte tenu de ces constats, nous proposons un guide pédagogique pour développer vos connaissances afin d’enseigner la pragmatique à des apprenantes et apprenants de français L2.

Survol du guide

Contenu du guide 

Dans ce guide, nous vous présentons les éléments contextuels à prendre en considération pour permettre à vos élèves de choisir les formes linguistiques appropriées dans une variété de situations de communication, liées aux intentions suivantes : 

  • S'excuser
  • Formuler une demande
  • Inviter
  • Refuser [à venir]
  • Se plaindre [à venir]
  • Jaser (small talk) [à venir]

Pour chaque intention, vous trouverez:

  • Une section « Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant la réalisation de ces intentions ;  
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et produire des intentions adaptées à diverses situations de communication.
  • Activation des connaissances 
  • Enseignement explicite des formes 
  • Adaptation d'activités de production 
  • Discussion, réflexion et réinvestissement

*Ces choix pédagogiques ont été faits à la lumière des méta-analyses de Plonsky et Zhang (2019) et Derakhshan et Shakki (2023).

Fondements théoriques

La pragmatique : fondements théoriques 

Théorie des actes de paroles (Austin, 1962; Searle, 1969) :  

Parmi les travaux fondateurs en pragmatique, la théorie des actes de parole s’intéresse particulièrement aux façons de transmettre une intention de communication (ou fonction communicative) (s’excuser, remercier, formuler une demande, se plaindre, donner des ordres, féliciter, etc.) par la parole. Les actes de parole sont les unités minimales de la communication (Austin, 1962; Searle, 1969). 

Ces actes ont toujours un effet sur la personne avec qui l'on interagit, et la compétence pragmatique permet de moduler notre message afin de créer l’effet désiré, de bien transmettre notre message et notre intention. Pour arriver à produire un énoncé approprié (suffisamment poli, direct, clair et sincère), il importe de prendre en considération un ensemble de facteurs.  

Dimensions de la pragmatique : formes et contextes 

Lors de la réalisation d'un acte de parole, les faux-pas peuvent être dus à un manque de ressources linguistiques (qui sont nommées pragmalinguistiques) ou à un manque de connaissance des normes socioculturelles et des contextes qui permettent certains usages (nommées sociopragmatiques) (Thomas, 1983). 

Traditionnellement, la recherche et l’enseignement en pragmatique portent principalement sur la dimension pragmalinguistique (formes) (p. ex. différences entre les usages de locuteurs L2-L1/ effet de l’enseignement sur l’acquisition et l’usage des formes, etc.). Cohen (2020) attribue cette sous-représentation de la sociopragmatique au fait qu’il est difficile de créer des tâches pour observer cette dimension. De plus, la dimension sociopragmatique étant intimement liée à la culture et à l’identité, les apprenantes et apprenants, même s’ils sont avancés, sont parfois réticents à adopter les normes socioculturelles de la communauté cible (Félix-Brasdefer, 2025) et il est parfois délicat de fournir de la rétroaction dans les cas où un faux-pas pragmatique est lié à un manque d’alignement à ces normes (Thomas, 1983). 

Il importe toutefois que nos élèves aient conscience des normes socioculturelles et des conséquences possibles s’ils n’y adhèrent pas afin qu’ils puissent faire des choix éclairés lors de leurs interactions (Félix-Brasdefer, 2025; Ishihara et Cohen, 2022). 

Afin d’illustrer les nombreux éléments contextuels auxquels les apprenantes et apprenants peuvent porter attention afin de choisir des formulations appropriées à la situation de communication, le modèle de Brown et Fraser (1979) a été utilisé dans ce guide.

Afin de juger si une formulation est appropriée, il est nécessaire de prendre en considération tant les formes choisies que le contexte dans lequel elles s’actualisent. Ainsi, les normes changent en fonction de la situation de communication. 

Par exemple, on trouve dans certains manuels ce type de rubrique: 

(Tiré du manuel de compréhension orale Par ici A1, p.43) 

Ici, on associe d’abord l’impératif à « faire une demande ou donner une consigne ou un ordre » sans spécifier les contextes qui déterminent la fonction de cette forme verbale. De plus, d’autres intentions peuvent également être transmises par l’intermédiaire de l’impératif. Voici des situations tirées du corpus Beaulieu et Reid (2024) qui ont mené à l’utilisation de l’impératif pour d’autres intentions. Par exemple: 

Rassurer : «Tu es au travail et tu dois expliquer le fonctionnement d’un logiciel facile d’utilisation à la nouvelle stagiaire, qui semble stressée. Avant de lui expliquer, pour la rassurer, tu commences en lui disant : »

  • Inquiète-toi pas, ça va bien aller (Homme, technicien informatique, 25-30 ans) 
  • Inquiète-toi pas c'est vraiment facile (Femme, travailleuse autonome en traduction, 31-35 ans) 
  • Inquiète-toi pas, c'est vraiment facile j'vais t'montrer (Femme, étudiante à la maitrise, moins de 24 ans) 

 

Inviter : «Tu es dans la salle des employés avec tes collègues pendant ton heure de dîner. Tu vois le stagiaire, Marc, qui mange seul dans son coin. Tu désires l'inviter à prendre place à vos côtés. Tu lui dis : »  

  • Heille mon Marc! Viens manger avec nous autres!  Voyons donc! Reste pas tout seul dans ton coin. On va s'faire du fun! Ça va changer un peu les idées d'la journée qu'on a eue. (Homme, préposé aux bénéficiaires, 41-45 ans) 
  • Viens t'asseoir avec nous! (Femme, enseignante au primaire, 46-50) 
  • Marc! Viens manger avec nous! Y a full de place sur la table, ça nous ferait plaisir! (Femme, stagiaire en droit, 18-24 ans) 

Ensuite, l’utilisation du conditionnel est associé à « faire une demande poliment ». Toutefois, certaines situations permettent d’autres usages qui ne seront pas perçus comme impolis, comme le montrent ces extraits tirés du scénario suivant : « Tu soupes au restaurant. Tu veux manger la salade du chef, mais tu ne veux pas que la vinaigrette soit dans la salade. Tu demandes à la serveuse : » 

  • Est-ce que c'est possible d'avoir la vinaigrette à part s'il vous plait? (Homme, maitrise en informatique, 25-30 ans) 
  • J'vais prendre la salade du chef, mais est-ce que c'est possible de mettre la vinaigrette à côté s'il vous plait? (Femme, enseignante en francisation, 36-40 ans)
  • Est-ce que j'peux avoir la vinaigrette à côté s'il vous plait? (Femme, professeure en comptabilité, 31-35 ans) 

En acquérant des connaissances de base en pragmatique grâce à ce guide, nous espérons que vous pourrez prendre conscience que les élèves sont des personnes à part entière. Ils ont leurs propres identités, préférences, personnalité et valeurs. Notre rôle est donc de les outiller afin qu’ils puissent faire preuve d’agentivité, c’est-à-dire faire des choix éclairés qui leur permettent tant d’interagir de manière harmonieuse que de s’imposer en tant que membre de leur nouvelle communauté linguistique. En tant que personne francophone, nous avons des préférences et des croyances fortement ancrées. Afin de contrer ces biais, des connaissances explicites peuvent nous aider à adopter une posture plus objective dans notre enseignement.  

Formuler une excuse

Description de l'acte

S’EXCUSER 

  

L’acte de s'excuser occupe une place centrale dans la communication quotidienne, car il permet de reconnaître une offense, d’en réparer les effets et de préserver la relation avec la personne avec qui l'on interagit.   

 

Selon le programme de Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015), l’apprentissage du français vise à permettre à l’adulte d’« agir de façon appropriée dans des situations variées de la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne ». Parmi ces situations, savoir s’excuser adéquatement est essentiel pour entretenir des relations harmonieuses, éviter les malentendus et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté francophone. L’acte de s'excuser répond ainsi à plusieurs intentions de communication mentionnées dans le programme, notamment : 

  • Justifier un retard, une absence ou un abandon
  • Régler un problème de voisinage

 

Pour soutenir l’enseignement de cet acte de parole, cette section comprend : 

 

  • Une section « Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant la réalisation d’excuses ; 
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et produire des excuses adaptées à diverses situations de communication.
    • Activation des connaissances
    • Enseignement explicite des formes
    • Adaptation d'activités de production
    • Discussion, réflexion et réinvestissement

 

Notez que la formulation des exemples reflète les données du Répertoire d’expressions conventionnelles du français québécois (Beaulieu et Reid, 2024).

Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant

Description de l’acte de s’excuser (selon Blum-Kulka et al., 1989) 

Le tableau suivant propose quelques structures possibles pour s’excuser. Certaines stratégies peuvent également être employées pour moduler la politesse de l'excuse. Quand on pense avoir commis une offense qui peut porter atteinte au lien avec notre interlocutrice ou interlocuteur ou à notre réputation, on déploie généralement plus de stratégies, qui peuvent être combinées entre elles.    

 

Pour un schéma synthèse des formes susmentionnées, consultez ce document.

Selon Brown et Fraser (1979), certains facteurs sont à prendre en considération lorsqu’on choisit notre formulation :  

 

Situation 1 : Tu accroches quelqu’un (un jeune avec des écouteurs5) avec ton sac dans l’autobus1, qui est bondé comme c’est la fin de la journée2.  

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son excuse 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À un inconnu dont je ne connais pas les attentes. 
  • Pourquoi je m’excuse?
    • J’ai accroché quelqu’un dans l’autobus. 
  • Dans quel contexte je m’excuse? (Personnes témoin, heure, lieu)?
    • L’autobus est bondé, alors plusieurs personnes sont autour. C’est la fin de la journée. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une excuse mal formulée?
    • Je peux paraitre impoli aux yeux de l'inconnu et des autres personnes autour. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que je m’excuse?
    • Oui : si je veux m’assurer de maintenir une image positive.
    • Non : si maintenir une image positive n’est pas essentiel dans ce contexte où mon interlocuteur est un inconnu et qu’il est fréquent d’accrocher les gens dans un autobus bondé. 
  • Comment je m’excuse? Une excuse formulée sans combinaison de stratégies conviendrait.
    • Désolé.

Pour un résumé de la situation 1, consulter ce document.

Situation 2 : Ça fait deux fois que tu arrives en retard dans ton cours dans la même semaine1. Ton enseignante5 te fait savoir qu’elle s’attend à mieux de ta part4

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son excuse 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon enseignante, que je vouvoie, que je ne connais pas beaucoup, qui s’attend probablement à une excuse formelle.  
  • Pourquoi je m’excuse?
    • Cela fait deux fois que j’arrive en retard dans la même semaine. 
  • Dans quel contexte je m’excuse? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Je suis dans la classe, mes collègues sont présents. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une excuse mal formulée?
    • Avoir une moins bonne relation avec mon enseignante. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que je m’excuse?
    • Oui : pour préserver les bonnes relations avec mon enseignante.
    • Non : pour nuire à ma relation avec mon enseignante OU je ne juge pas que l’offense est assez grave. 
  • Comment je m’excuse? Une excuse formulée avec une combinaison de stratégies conviendrait.
    • Hey oui je comprends, je suis vraiment désolé je vais faire très attention à l'avenir pour pas arriver en retard. 

Pour un résumé de la situation 2, consulter ce document.

Phase d'activation des connaissances

Phase d’activation des connaissances   

Extraits de corpus pour s’excuser1 .

Personne 1: Homme, technicien en enseignement et recherche, Québec, 41-45 ans

Personne 2: Homme, occupation non spécifiée, Québec, 18-24 ans

Personne 3: Femme, étudiante, Québec, 18-24 ans

Personne 4: Femme, retraitée, Québec, plus de 66 ans

Pour d'autres exemples, consultez les transcriptions suivantes.

Attirez l’attention de vos élèves sur les éléments du contexte et sur les intentions de la personne avec qui l'on interagit :

  • Dans quelle situation peut-on entendre les phrases suivantes?   
  • Qu’est-ce que la personne veut faire/dire à son interlocutrice ou interlocuteur?   
  • Où et quand se déroule l’interaction?   
  • Est-ce que les personnes se connaissent? Qui parle? (amis/collègues/inconnus)   
  • Est-ce que les personnes sont fâchées/contentes/tristes/sincères?   
  • Est-ce que les personnes sont gentilles/ méchantes/drôles/sérieuses?   

Attirez l’attention de vos élèves sur les formes employées pour demander :   

  • Comment les personnes s’excusent? (Quels mots, quels verbes sont utilisés?)   

Amenez les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques :   

  • Comment on formule une excuse dans leur langue?    
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation dans leur langue?   
  • Qu’est-ce qui est commun/différent avec le français?   
  • Est-ce que les élèves s’identifient à l'une ou l'un des locuteurs entendus?   
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français?   
  • Est-ce que les élèves ont déjà eu de la difficulté à s’excuser en français?  
  • Est-ce que les Québécoises et Québécois que les élèves connaissent s’excusent de manière appropriée (trop/pas assez, sincère ou peu sincère)?

1Les extraits ont été produits dans le contexte suivant: « Ton voisin vient te voir pour te dire qu'il t'entend marcher fort et que cela le dérange. Tu te sens mal. Tu lui dis : » 

Enseignement explicite des formes et mise en pratique

Référez-vous à votre programme d'études local et à la section Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant afin de sélectionner des formes pertinentes pour vos élèves.

Les expressions qu'utilisent déjà vos élèves peuvent également être consolidées.

Vous pouvez prendre les extraits audios proposés dans la section Activation des connaissances comme point de départ ou d'autres données authentiques.

Après vous être assuré que les formes cibles ont été présentées aux élèves, proposez une activité de mise en pratique (production orale ou écrite), par exemple:

  • Jeu de rôle
  • Speed-dating
  • Exposé oral
  • Production écrite individuelle
  • Simulation de clavardage
  • etc.

[Capsule de modelage à venir]

Discussion, réflexion et réinvestissement

Par cette activité de discussion et de réflexion, votre objectif est d’attirer l’attention des élèves vers les éléments contextuels importants dans une interaction (voir l'onglet Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant). Selon Félix-Brasdefer (2025), le fait d’engager vos apprenants dans ce type d’activité leur permet de : 

  • Développer la capacité à comparer les actes de parole dans leur L1 et la langue cible 
  • Réfléchir de façon critique sur leurs expériences 
  • Négocier les facteurs contextuels de façon collaborative 
  • Recevoir de la rétroaction de votre part et de leurs pairs 

Voici quelques exemples de questions et d’activités. 

  1. Questions de discussion 

Allez-vous formuler l’excuse de la même façon si : 

  • Vous arrivez en retard à un rendez-vous avec une amie ou en retard au travail? 
  • Vous accrochez votre collègue avec votre coude ou vous échappez un café bouillant sur votre collègue? 
  • Votre partenaire vous demande d’acheter du lait après le travail et vous oubliez ou vous oubliez de payer le loyer, ce qui engendre des frais supplémentaires à vous et votre partenaire? 
  • Vous échappez la tasse préférée de votre collègue ou celle de votre partenaire. 
  • Vous arrivez en retard au travail. Est-ce que vous vous excusez de la même façon si votre patronne est plus jeune que vous?

Dans chacune de ces situations, qu’est-ce qui fait en sorte que l’excuse ne sera pas la même?  

 

  1. Faire un retour réflexif avec les questions d’activation pour noter les changements (ou non) dans les pratiques langagières des élèves 

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques :     

  • Qu’ont appris les élèves au terme de cette séquence (similitudes et différences entre leur L1 et le français)?  
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français? Est-ce que ça a changé?  
  • Est-ce qu’ils se sentent plus en confiance pour s’excuser auprès de francophones?  

 

  1. Activités de réinvestissement 

Pour créer vos jeux de rôles, voici quelques indices contextuels que vous pouvez donner à vos élèves pour qu’ils puissent adapter leur discours. 

 

Exemple de jeu de rôle : C’est le matin2, vous êtes fatigué4 et votre partenaire5 est encore au lit4. Vous allez le voir et vous lui demandez où sont vos clés, convaincu qu’il les a mal placées... Vos clés étaient dans vos poches. Vous avez réveillé votre partenaire et l’avez faussement accusé 1 d’avoir perdu vos clés. Vous lui dites... 

Les numéros font référence aux éléments du schéma ci-dessus (contexte et participantes ou participants). 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son excuse 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À ma ou mon partenaire. Les attentes peuvent varier d'un couple à l'autre.
  • Pourquoi je m'excuse?
    • Je l’ai réveillé et je l’ai faussement accusé.
  • Dans quel contexte je m’excuse? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Le matin, à la maison, seule avec ma ou mon partenaire (ou en présence de mes enfants).
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une excuse mal formulée?
    • Irriter ou fâcher ma ou mon partenaire.

Prise de décision: selon les réponses aux questions ci-dessous: 

  • Est-ce que je m’excuse?
    • Oui : pour ne pas nuire à ma relation avec ma ou mon partenaire
      • Désolé, je suis fatigué. / Je m’excuse, c’était pas de ta faute.
    • Non : ce n’est pas courant que nous nous excusions dans ce contexte. 

Après le jeu de rôle, vous pourriez proposer à vos élèves d’évaluer la convenance des réponses de leur collègue pour développer leur conscience des éléments contextuels et formels (Ellis et Roever, 2024). 

Exemple de questions de rétroaction par les pairs

  • L'excuse était-elle claire, assez directe et efficace? 
  • La faute était-elle clairement énoncée ? 
  • Est-ce que l’excuse semblait sincère? 
  • Est-ce que vous accepteriez cette excuse? 
  • Comment l'excuse devrait être formulée ? 
  • Dans le cas des disputes : Qui devrait s’excuser? Comment cette personne devrait s’excuser? 

 

Matériel pédagogique

Vidéos avec choix de réponses:

 

Vous trouverez une séquence d'enseignement portant sur l'acte de s'excuser ici.

 

Formuler une demande

Description de l'acte

FORMULER UNE DEMANDE 

  

L’acte de formuler une demande occupe une place centrale dans la communication quotidienne, car il permet d’obtenir des informations ou de faire agir la personne avec qui l'on interagit.    

 

 

Selon le programme de Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015), l’apprentissage du français vise à permettre à l’adulte d’« agir de façon appropriée dans des situations variées de la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne ». Parmi ces situations, savoir formuler une demande adéquatement est essentiel pour entretenir des relations harmonieuses, éviter les malentendus et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté francophone. L’acte de formuler une demande répond ainsi à plusieurs intentions de communication mentionnées dans le programme, notamment : 

  • Demander une permission/de l’aide/des renseignements/de l’information, etc. 

 

Pour soutenir l’enseignement de cet acte de parole, cette section comprend : 

 

  • Une section « Connaissances préalables pour l’enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant la formulation de demandes ; 
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et produire des demandes adaptées à diverses situations de communication:
    • Activation des connaissances
    • Enseignement explicite des formes
    • Adaptation d'activités de production
    • Discussion, réflexion et réinvestissement

Notez que la formulation des exemples reflète les données du Répertoire d’expressions conventionnelles du français québécois (Beaulieu et Reid, 2024).

Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant

Description de l’acte de formuler une demande (selon Blum-Kulka et al., 1989) 

Le tableau suivant propose quelques structures possibles pour formuler une demande. 

 

Certaines stratégies peuvent également être employées pour rendre la demande plus ou moins directe. Quand on veut formuler une demande qui pourrait imposer des conséquences négatives à notre interlocuteur ou interlocutrice (temps, argent, efforts, etc.), on déploie généralement des stratégies indirectes qui peuvent être combinées entre elles. 

 

Pour un schéma synthèse des formes susmentionnées, consultez ce document.

Selon Brown et Fraser (1979), certains facteurs sont à prendre en considération lorsqu’on choisit notre formulation :  

 

 

Situation 1 :  Tu demandes3 à ta ou ton partenaire5de te prêter sa voiture pour faire des courses1

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de sa demande

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À ma ou mon partenaire. Je lui emprunte souvent sa voiture pour faire des courses.
  • Pourquoi je formule une demande?
    • J’ai besoin d’une voiture.
  • Dans quel contexte je formule une demande? (Personnes témoin, heure, lieu)?
    • Seul avec ma ou mon partenaire à la maison.
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une demande mal formulée?
    • Un refus, offusquer ma ou mon partenaire.

 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que je formule ma demande de façon directe ou indirecte?
    • Directe : Je m’adresse à ma ou mon partenaire et j’emprunte souvent sa voiture.
    • Indirecte : Elle ou il a peut-être besoin de sa voiture.
  • Comment je formule ma demande? Une demande avec ou sans combinaison de stratégies conviendrait.
    • Directe : Donne-moi tes clés./ Je vais prendre tes clés./ J’ai besoin de ton auto.
    • Indirecte : Est-ce que je peux prendre ton auto?/ Peux-tu me prêter ton auto?/ Je vais faire des courses, j’aurais besoin de ton auto. 

Pour un résumé de la situation 1, consulter ce document.

 

Situation 2 : Au travail2, tu es débordé et une importante réunion a lieu vendredi. Ta sœur se marie, et a déplacé l’événement ce vendredi. Tu dois demander congé1 à ta patronne5. (scénario tiré de Forsberg Lundell et Erman, 2012) 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de sa demande  

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À ma patronne, que je côtoie peu hors du travail, qui s’attend à ce que j'assiste à l’importante réunion. 
  • Pourquoi je formule une demande?
    • Ma soeur se marie vendredi; c’est un évènement important. 
  • Dans quel contexte je formule ma demande? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Je suis dans le bureau de ma patronne, seul avec elle. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une demande mal formulée?
    • Un refus, être perçu négativement par ma patronne, atteinte à mon professionnalisme.  

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous  

  • Est-ce que je formule ma demande de façon directe ou indirecte?
    • Directe : pour être clair et m’affirmer.
    • Indirecte : pour éviter un refus, être poli, ne pas trop m’imposer.
  • Comment je formule ma demande? Une demande avec combinaison de stratégies conviendrait.
    • Directe : Écoute... Je sais qu’on a une importante réunion, mais j’aurais vraiment besoin d’un congé vendredi pour le mariage de ma sœur.
    • Indirecte : Écoute... Je sais qu’on a une importante réunion, mais est-ce que ce serait possible de prendre congé vendredi pour le mariage de ma sœur? C’est vraiment important pour moi. 

Pour un résumé de la situation 2, consulter ce document.

Phase d'activation des connaissances

Extraits de corpus pour formuler une demande1.

Personne 1: Homme, étudiant, Québec, 25-30 ans

Personne 2: Homme, étudiant, Québec, 18-24 ans

Personne 3: Femme, responsable des loisirs, Québec, 46-50 ans

Personne 4: Femme, étudiante, Repentigny, 31-35 ans

Pour d'autres exemples, consultez les transcriptions suivantes.

Attirez l’attention de vos élèves sur les éléments du contexte et sur les intentions des locuteurs   

  • Dans quelle situation peut-on entendre les phrases suivantes?   
  • Qu’est-ce que la personne veut faire/dire à son interlocutrice ou interlocuteur?   
  • Où et quand se déroule l’interaction?   
  • Est-ce que les personnes se connaissent? Qui parle? (amis/collègues/inconnus)   
  • Est-ce que les personnes sont fâchées/contentes/tristes?   
  • Est-ce que les personnes sont gentilles/méchantes/drôles/sérieuses?   

Attirez l’attention de vos élèves sur les formes employées pour demander   

  • Comment les personnes formulent leur demande? (Quels mots, quels verbes sont utilisés?)   

Amenez les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques   

  • Comment on formule une demande dans leur langue?  
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation dans leur langue?   
  • Qu’est-ce qui est commun/différent avec le français?   
  • Est-ce que les élèves s’identifient à l'une ou l'un des locuteurs entendus?   
  • Qu’est-ce quel les élèves préfèrent comme formulation en français?   
  • Est-ce que les élèves ont déjà eu de la difficulté à formuler une demande en français?  
  • Est-ce que les Québécoises et Québécois que vos élèves connaissez formulent leurs demandes de manière appropriée (trop directes/pas assez directes)? 

1Les extraits ont été produits dans le contexte suivant: « Lors d'une réunion d'information, tu n'as pas bien saisi ce qui d'être mentionné. Après avoir obtenu le droit de parole, tu dis : ».

Enseignement explicite des formes et mise en pratique

Référez-vous à votre programme d'études local et à la section Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant afin de sélectionner des formes pertinentes pour vos élèves.

Les expressions qu'utilisent déjà vos élèves peuvent également être consolidées.

Vous pouvez prendre les extraits audios proposés dans la section Activation des connaissances comme point de départ ou d'autres données authentiques.

Après vous être assuré que les formes cibles ont été présentées aux élèves, proposez une activité de mise en pratique (production orale ou écrite), par exemple:

  • Jeu de rôle
  • Speed-dating
  • Exposé oral
  • Production écrite individuelle
  • Simulation de clavardage
  • etc.

[Capsule de modelage à venir]

Discussion, réflexion et réinvestissement

Par cette activité de discussion et de réflexion, votre objectif est d’attirer l’attention des élèves vers les éléments contextuels importants dans une interaction (voir l'onglet Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant). Selon Félix-Brasdefer (2025), le fait d’engager vos élèves dans ce type d’activité leur permet de: 

  • Développer la capacité à comparer les actes de parole dans leur L1 et la langue cible 
  • Réfléchir de façon critique sur leurs expériences 
  • Négocier les facteurs contextuels de façon collaborative 
  • Recevoir de la rétroaction de votre part et de leurs pairs 

 

Voici quelques exemples d'activités réflexives: 

  1. Questions de discussion 
  • De quelle façon peut-on aborder:
    • Un inconnu pour lui demander une information?
    • Une amie pour lui demander de l’argent?
    • Un patron pour lui demander une augmentation de salaire?
    • Une collègue pour lui demander un service?
    • Un ou une partenaire pour lui demander d’aller en voyage avec des amis?
  • Quelles seraient les conséquences d’une demande mal formulée? 
  • Quelles seraient les conséquences d’insister si la personne refuse la demande? 
  • Dans quelle situation prendriez-vous le risque d’insister? 

 

  1. Faire un retour réflexif avec les questions d’activation pour noter les changements (ou non) dans les pratiques langagières des élèves 

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques:

  • Qu'ont appris les élèves au terme de cette séquence (similitudes et différences entre leur L1 et le français)? 
  •  Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français? Est-ce que ça a changé? 
  • Est-ce qu’ils se sentent plus en confiance pour formuler une demande auprès de francophones? 

  

  1.  Activités de réinvestissement 

Pour créer vos jeux de rôles, voici quelques indices contextuels que vous pouvez donner à vos élèves pour qu’ils puissent adapter leur discours. 

Exemple : Vous êtes nouvelle ou nouveau à votre travail5 et vous avez besoin d’aide avec la photocopieuse1. Vous croisez votre nouvelle collègue5 dans le corridor2. Vous lui dites3

Les numéros font référence aux éléments du schéma ci-dessus (contexte et participantes ou participants). 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de sa demande

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À ma nouvelle collègue de travail. Je connais peu ses attentes.
  • Pourquoi je formule une demande?
    • J'ai besoin d'aide avec la photocopieuse. 
  • Dans quel contexte je formule une demande? (Personnes témoin, heure, lieu)?
    • Au travail, dans le corridor. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une demande mal formulée?
    • Un refus ou mal paraitre aux yeux de ma nouvelle collègue. 

Prise de décision: selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que je formule ma demande de façon directe ou indirecte?
    • Directe : l’environnement de travail est convivial, elle semble avoir le même âge que moi, cela ne prendra que quelques minutes de son temps
    • Indirecte : c’est ma nouvelle collègue, elle est peut-être occupée. 
  • Comment je formule ma demande? Une demande avec combinaison de stratégies conviendrait.
    • Directe : Excuse-moi, j’aurais besoin de ton aide avec la photocopieuse, si tu as deux minutes.
    • Indirecte : Excuse-moi, est-ce que tu pourrais venir m’aider avec la photocopieuse, s’il te plait? 

 

Inviter les élèves à tester leurs connaissances en commentant la production de leurs collègues et à observer les réactions des personnes avec qui elles interagissent, l’effet de leur demande lorsqu’ils réalisent le jeu de rôle. 

Après le jeu de rôle, vous pourriez proposer à vos élèves d’évaluer la convenance des réponses de leur collègue pour développer leur conscience des éléments contextuels et formels (Ellis et Roever, 2024). 

Exemple de questions de rétroaction par les pairs

  • La demande était-elle claire, assez directe et efficace?
  • La justification était-elle clairement énoncée?
  • Est-ce que vous accepteriez cette demande?
  • Comment la demande devrait être formulée?
  • Vous sentez-vous obligé d’accepter cette demande?
  • Dans quel cas refusez-vous cette demande?
  • Comment refusez-vous cette demande? 

Matériel pédagogique

Vidéo avec choix de réponses:

Domaine général de formation : Consommation et environnement

Domaine général de formation : Vie personnelle et citoyenneté

Domaine général de formation : Habitation et déplacement

Domaine général de formation : Éducation et monde du travail

 

 

Formuler une invitation

Description de l'acte

FORMULER UNE INVITATION 

  

L’acte de formuler une invitation occupe une place centrale dans la communication quotidienne, car il permet d'inciter la personne avec qui l'on interagit à participer à un évènement futur.    

 

 

Selon le programme de Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015), l’apprentissage du français vise à permettre à l’adulte d’« agir de façon appropriée dans des situations variées de la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne ». Parmi ces situations, savoir formuler une invitation adéquatement est essentiel pour entretenir des relations harmonieuses, éviter les malentendus et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté francophone. L’acte de formuler une invitation répond ainsi à plusieurs intentions de communication mentionnées dans le programme, notamment : 

  • Inviter quelqu’un 
  • Rédiger une invitation 

 

Pour soutenir l’enseignement de cet acte de parole, cette section comprend : 

 

  • Une section « Connaissances préalables pour l’enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant la formulation d'invitations ; 
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et produire des invitations adaptées à diverses situations de communication.
    • Activation des connaissances
    • Enseignement explicite des formes
    • Adaptation d'activités de production
    • Discussion, réflexion et réinvestissement

Notez que la formulation des exemples reflète les données du Répertoire d’expressions conventionnelles du français québécois (Beaulieu et Reid, 2024).

Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant

Description de l’acte de formuler une invitation (selon Schegloff, 2007) 

Le tableau suivant propose quelques structures possibles pour formuler une invitation. Certaines stratégies peuvent également être employées pour augmenter les chances que l'invitation soit acceptée. Quand on veut formuler une invitation qui pourrait être refusée par notre interlocutrice ou interlocuteur, on déploie généralement des stratégies.

 

 

Pour refuser une invitation, le tableau suivant propose quelques structures possibles.

 

 

Pour un schéma synthèse des formes susmentionnées, consultez ce document.

Selon Brown et Fraser (1979), certains facteurs sont à prendre en considération lorsqu’on choisit notre formulation.

Situation 1 :  Tu es dans la salle des employés avec tes collègues pendant ton heure de dîner2. Tu vois le stagiaire, Marc, qui mange seul dans son coin5. Tu désires l'inviter à prendre place à vos côtés1. Tu lui dis :  

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son invitation

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • Le stagiaire qui ne connait personne.
  • Pourquoi je formule une invitation?
    • Pour que Marc ne se sente pas seul, pour mieux le connaitre.
  • Dans quel contexte je formule une invitation? (Personnes témoin, heure, lieu)?
    • Au travail avec des collègues sur l’heure du diner. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une invitation mal formulée?
    • Un refus ou paraitre peu sincère. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que je formule mon invitation?
    • Oui : Marc aimerait surement se faire inviter.
    • Non : Marc n’aimerait pas se faire inviter. 
  • Comment je formule mon invitation? Une invitation avec ou sans stratégies conviendrait.
    • Je sais que tu nous connais pas beaucoup, mais viens t’asseoir avec nous! Y’a full de place sur la table. Ça nous ferait plaisir!

Pour un résumé de la situation 1, consulter ce document.

 

Situation 2: Tu veux organiser un potluck au travail1 et tu veux inviter ton patron5 qui est très occupé4. Tu te rends à son bureau2 et lui dis : 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son invitation 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon patron. 
  • Pourquoi je formule une invitation?
    • Pour l’inclure dans une activité sociale au travail.
  • Dans quel contexte je formule une invitation? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Dans son bureau, seul avec lui. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une invitation mal formulée?
    • Un refus ou sonner peu sincère. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous  

  • Comment je formule mon invitation? Une invitation avec stratégies conviendrait.
    • Je sais que vous êtes occupé, mais on organise un potluck. Est-ce que ça vous tenterait de participer? 

Pour un résumé de la situation 2, consulter ce document.

Phase d'activation des connaissances

Extraits de corpus pour formuler une invitation1.

Personne 1: Homme, préposé aux bénéficiaires, Lévis, 41-45 ans

Personne 2: Homme, étudiant, Québec, 25-30 ans

Personne 3: Femme, étudiante, Lévis, 18-24 ans

Personne 4: Femme, bibliothécaire, Lévis, 46-50 ans

Pour d'autres exemples, consultez les transcriptions suivantes.

Attirez l’attention de vos élèves sur les éléments du contexte et sur les intentions des locutrices et locuteurs   

  • Dans quelle situation peut-on entendre les phrases suivantes?   
  • Qu’est-ce que la personne veut faire/dire à son interlocutrice ou interlocuteur?   
  • Où et quand se déroule l’interaction?   
  • Est-ce que les personnes se connaissent? Qui parle? (amis/collègues/inconnus)   
  • Est-ce que les personnes sont fâchées/contentes/tristes/sincères?   
  • Est-ce que les personnes sont gentilles/méchantes/drôles/sérieuses?   

Attirez l’attention de vos élèves sur les formes employées pour inviter   

  • Comment les personnes formulent leur invitation? (Quels mots, quels verbes sont utilisés?)   

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques   

  • Comment on formule une invitation dans leur langue?  
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation dans leur langue?   
  • Qu’est-ce qui est commun/différent avec le français?   
  • Est-ce que les élèves s’identifient à une ou l'un des locuteurs entendus?   
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français?   
  • Est-ce que les élèves ont déjà eu de la difficulté à formuler une invitation en français?  
  • Est-ce que les Québécoises et Québécois que les élèves connaissent formulent leurs invitations de manière appropriée (sincère ou peu sincère/claire ou peu claire)? 

1Les extraits ont été produits dans le contexte suivant : « Tu es dans la salle des employés avec tes collègues pendant ton heure de diner. Tu vois le stagiaire, Marc, qui mange seul dans son coin. Tu désires l'inviter à prendre place à vos côtés. Tu lui dis : ».

Enseignement explicite des formes et mise en pratique

Référez-vous à votre programme d'études local et à la section Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant afin de sélectionner des formes pertinentes pour vos élèves.

Les expressions qu'utilisent déjà vos élèves peuvent également être consolidées.

Vous pouvez prendre les extraits audios proposés dans la section Activation des connaissances comme point de départ ou d'autres données authentiques.

Après vous être assuré que les formes cibles ont été présentées aux élèves, proposez une activité de mise en pratique (production orale ou écrite), par exemple:

  • Jeu de rôle
  • Speed-dating
  • Exposé oral
  • Production écrite individuelle
  • Simulation de clavardage
  • etc.

[Capsule de modelage à venir]

Discussion, réflexion et réinvestissement

Par cette activité de discussion et de réflexion, votre objectif est d’attirer l’attention des élèves vers les éléments contextuels importants dans une interaction (voir l'onglet Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant). Selon Félix-Brasdefer (2025), le fait d’engager vos apprenants dans ce type d’activité leur permet de: 

  • Développer la capacité à comparer les actes de parole dans leur L1 et la langue cible 
  • Réfléchir de façon critique sur leurs expériences 
  • Négocier les facteurs contextuels de façon collaborative 
  • Recevoir de la rétroaction de votre part et de leurs pairs 

 

Voici quelques exemples d'activités réflexives. 

  1. Questions de discussion 
  • De quelle façon peut-on aborder:
    • Une connaissance pour l'inviter?
      • Que tu souhaites connaitre davantage
      • Que tu invites par politesse
    • Un ami pour l'inviter?
      • À un évènement important pour toi
      • À un évènement peu important pour toi
    • Un patron pour l’inviter?
      • À un événement social
      • À un événement professionnel
    • Un collègue pour l'inviter?
      • À un événement social
      • À un événement professionnel
    • Une ou un partenaire pour l'inviter?
      • À un événement important pour toi
      • À un événement peu important pour toi 
  • Quelles seraient les conséquences d’une invitation mal formulée? 
  • Quelles seraient les conséquences d’insister si la personne refuse l'invitation? 
  • Dans quelle situation prendriez-vous le risque d’insister? 

 

  1. Faire un retour réflexif avec les questions d’activation pour noter les changements (ou non) dans les pratiques langagières des élèves 

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques:  

  • Qu’ont appris les élèves au terme de cette séquence (similitudes et différences entre leur L1 et le français)? 
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français? Est-ce que ça a changé? 
  • Est-ce qu’ils se sentent plus en confiance pour formuler une invitation auprès de francophones? 

 

  1.  Activités de réinvestissement 

Pour créer vos jeux de rôles, voici quelques indices contextuels que vous pouvez donner à vos élèves pour qu’ils puissent adapter leur discours.

Exemple : Vous êtes nouveau à votre travail5 et vous souhaitez apprendre à mieux connaitre votre collègue immédiat en l’invitant à prendre un verre après le travail1. Vous le croisez5 dans le corridor2. Vous lui dites3

Les numéros font référence aux éléments du schéma ci-dessus (contexte et participantes ou participants). 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son invitation 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon nouveau collègue de travail. 
  • Pourquoi je formule une invitation?
    • Pour mieux connaitre mon collègue. 
  • Dans quel contexte je formule une invitation? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Au travail, dans le corridor. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’une invitation mal formulée?
    • Un refus ou rendre mon collègue mal à l’aise si mes intentions ne sont pas claires. 

Prise de décision: selon les réponses aux questions ci-dessous 

  • Est-ce que j'invite mon collègue?
    • Oui : Je veux le connaitre davantage. Il a l’air sympathique.
    • Non : Je ne le connais pas suffisamment. 
  • Comment je formule mon invitation? Une invitation avec une préinvitation conviendrait.
    • Je sais qu’on se connait pas beaucoup, mais si t’as rien de prévu après le travail, veux-tu aller prendre un verre avec moi pour faire connaissance? 

 

Inviter les élèves à tester leurs connaissances en commentant la production de leurs collègues et à observer les réactions de leurs interlocutrices ou interlocuteurs, l’effet de leur invitation lorsqu’ils réalisent le jeu de rôle. 

Après le jeu de rôle, vous pourriez proposer à vos élèves d’évaluer la convenance des réponses de leur collègue pour développer leur conscience des éléments contextuels et formels (Ellis et Roever, 2024). 

Exemple de questions de rétroaction par les pairs

  • L'invitation était-elle claire et efficace?
  • La justification était-elle clairement énoncée ?
  • Est-ce que vous accepteriez cette invitation?
  • Est-ce que la personne insiste pour que vous acceptiez?
  • Vous sentez-vous obligé d’accepter cette invitation?
  • Comment l’invitation devrait être formulée ?
  • Dans quel cas refusez-vous cette invitation?
  • Comment refusez-vous cette invitation? 

Matériel pédagogique

Vidéo avec choix de réponses:

À venir

Séquences pédagogiques:

À venir

Formuler un refus

Description de l'acte

FORMULER UN REFUS

 

L’acte de refuser occupe une place centrale dans la communication quotidienne, car il permet de ne pas accepter une invitation, une offre, une requête ou une suggestion en s’imposant tout en préservant la relation avec la personne avec qui l'on interagit.    

  

Selon le programme de Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015), l’apprentissage du français vise à permettre à l’adulte d’« agir de façon appropriée dans des situations variées de la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne ». Parmi ces situations, savoir refuser adéquatement est essentiel pour entretenir des relations harmonieuses, éviter les malentendus et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté francophone. L’acte de refuser répond ainsi à plusieurs intentions de communication mentionnées dans le programme, notamment :  

  • Accepter ou refuser avec justification une offre ou une invitation 
  • Intervenir dans une réunion axée sur la prise de décision (p.ex. refuser une suggestion) 

  

Pour soutenir l’enseignement de cet acte de parole, cette section comprend :  

  

  • Une section « Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant la réalisation de refus ;  
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et produire des refus adaptés à diverses situations de communication.
    • Activation des connaissances
    • Enseignement explicite des formes
    • Adaptation d'activités de production
    • Discussion, réflexion et réinvestissement 

Notez que la formulation des exemples reflète les données du Répertoire d’expressions conventionnelles du français québécois (Beaulieu et Reid, 2024). 

Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant

Description de l’acte de refuser (selon Beebe et al., 1990) 

Le tableau suivant propose quelques structures possibles pour formuler un refus de manière directe. Certaines stratégies indirectes peuvent être employées pour rendre le refus plus ou moins direct. Quand on veut formuler un refus qui pourrait être mal perçu par notre interlocutrice ou interlocuteur, on déploie généralement des stratégies indirectes qui peuvent être combinées entre elles.  

 

 

Pour un schéma synthèse des formes susmentionnées, consultez ce document.

 

Selon Brown et Fraser (1979), certains facteurs sont à prendre en considération lorsqu’on choisit notre formulation :   

 

Situation 1 :  Ton collègue t’invite à aller prendre un verre dans un bistro après le travail. Tu n’en as pas envie, donc tu veux refuser poliment. Tu lui dis : 

  

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son refus 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon collègue de travail. 
  • Pourquoi je formule un refus?
    • Je n’en ai pas envie. 
  • Dans quel contexte je formule une invitation? (Personnes témoin, heure, lieu)?
    • Dans la salle des employés pendant une pause. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un refus mal formulé?
    • Décevoir mon collègue. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous  

  • Est-ce que je formule un refus?
    • Oui : parce que je n’en ai pas envie.
    • Non : pour ne pas nuire à ma relation avec mon collègue. 
  • Comment je formule mon refus? Un refus avec stratégies conviendrait.
    • Ben écoute je pense que pour ce soir je vais passer mon tour, peut-être une prochaine fois là, mais merci de l'invitation. 

Pour un résumé de la situation 1, consulter ce document.

 

Situation 2 : C’est un matin très chargé au travail. Ton patron te demande de l’aider immédiatement pour une tâche, mais tu te dois de refuser poliment. Tu lui dis : 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son refus  

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon patron.  
  • Pourquoi je formule un refus?
    • C’est un matin très chargé au travail; tu ne peux accepter de tâches supplémentaires. 
  • Dans quel contexte je formule un refus? (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Il est possible que des collègues assistent à la scène. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un refus mal formulé?
    • Être perçu négativement par mon patron, atteinte à mon professionnalisme, insistance de la part de mon patron. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous   

  • Est-ce que je formule un refus?
    • Oui : parce que je suis très occupé.
    • Non : pour éviter que mon patron insiste, pour ne pas nuire à mon image professionnelle. 
  • Comment je formule mon refus? Un refus avec stratégies conviendrait.
    • Je suis désolée, je suis vraiment occupé et j’ai pas vraiment le temps. J’aurais aimé pouvoir aidé, mais je peux pas. Peut-être plus tard? 

Pour un résumé de la situation 2, consulter ce document.

Phase d'activation des connaissances

Extraits de corpus pour refuser1
 

Personne 1: Femme, étudiante et travailleuse, Lévis, 31-35 ans  

 

Personne 2: Femme, retraitée, Québec, plus de 66 ans  

 

Personne 3: Homme, étudiant, Québec, 25-30 ans 

 

Personne 4:  Homme, travailleur dans le domaine du numérique, Québec, 25-30 ans 

 

Pour d'autres exemples, consultez les transcriptions suivantes.

 

Attirez l’attention de vos élèves sur les éléments du contexte et sur les intentions des locuteurs   

  • Dans quelle situation peut-on entendre les phrases suivantes?   
  • Qu’est-ce que la personne veut faire/dire à son interlocutrice ou interlocuteur?   
  • Où et quand se déroule l’interaction?   
  • Est-ce que les personnes se connaissent? Qui parle? (amis/collègues/inconnus)   
  • Est-ce que les personnes sont fâchées/contentes/tristes?   
  • Est-ce que les personnes sont gentilles/méchantes/drôles/sérieuses?   

Attirez l’attention de vos élèves sur les formes employées pour demander   

  • Comment les personnes refusent l'invitation? (Quels mots, quels verbes sont utilisés?)   

Amenez les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques   

  • Comment on formule un refus dans leur langue?  
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation dans leur langue?   
  • Qu’est-ce qui est commun/différent avec le français?   
  • Est-ce que les élèves s’identifient à l'une ou l'un des locuteurs entendus?   
  • Qu’est-ce quel les élèves préfèrent comme formulation en français?   
  • Est-ce que les élèves ont déjà eu de la difficulté à formuler un refus en français?  
  • Est-ce que les Québécoises et Québécois que vos élèves connaissez formulent leurs refus de manière appropriée (refus trop directs/pas assez directs)? 

 

1Les extraits ont été produits dans le contexte suivant: « Ton collègue t’invite à aller prendre un verre dans un bistro après le travail. Tu n’en as pas envie, donc tu veux refuser poliment. Tu lui dis : » 

Enseignement explicite des formes

Référez-vous à votre programme d'études local et à la section Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant afin de sélectionner des formes pertinentes pour vos élèves.

Les expressions qu'utilisent déjà vos élèves peuvent également être consolidées.

Vous pouvez prendre les extraits audios proposés dans la section Activation des connaissances comme point de départ ou d'autres données authentiques.

Après vous être assuré que les formes cibles ont été présentées aux élèves, proposez une activité de mise en pratique (production orale ou écrite), par exemple:

  • Jeu de rôle
  • Speed-dating
  • Exposé oral
  • Production écrite individuelle
  • Simulation de clavardage
  • etc.

[Capsule de modelage à venir]

Discussion, réflexion et réinvestissement

Par cette activité de discussion et de réflexion, votre objectif est d’attirer l’attention des élèves vers les éléments contextuels importants dans une interaction (voir l'onglet Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant). Selon Félix-Brasdefer (2025), le fait d’engager vos élèves dans ce type d’activité leur permet de: 

  • Développer la capacité à comparer les actes de parole dans leur L1 et la langue cible;  
  • Réfléchir de façon critique sur leurs expériences;  
  • Négocier les facteurs contextuels (distance, pouvoir relatif et degré d’imposition) de façon collaborative;  
  • Recevoir de la rétroaction de votre part et de leurs pairs.  

  

Voici quelques exemples de questions et d’activités:  

  1. Questions de discussion  

Utiliserait-on les mêmes stratégies lorsqu’il s’agit de : 

  • Refuser une offre (votre homme ou femme de ménage a brisé un vase et souhaite absolument vous payer)  
  • Refuser une invitation (un ami vous invite à souper)  
  • Refuser une suggestion (un collègue vous fait des suggestions non sollicitées)  

Lorsque l’on doit refuser, quelle quantité d’informations devrait-on donner à notre interlocuteur pour justifier son refus ?  

  • Dans une relation patron-employé  
  • Dans une relation amicale 

Quand quelqu’un insiste après un refus: 

  • Est-ce que vous trouvez l’insistance impolie? 
  • Quels facteurs feraient basculer le refus vers une acceptation? 
  • Comment donnez-vous un refus catégorique? 

 

  1. Faire un retour réflexif avec les questions d’activation pour noter les changements (ou non) dans les pratiques langagières des élèves  

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques:   

  • Qu’ont appris les élèves au terme de cette séquence (similitudes et différences entre leur L1 et le français)?   
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français? Est-ce que ça a changé?   
  • Est-ce qu’ils se sentent plus en confiance pour formuler un refus auprès de francophones?  

 

  1. Activités de réinvestissement  

Pour créer vos jeux de rôles, voici quelques indices contextuels que vous pouvez donner à vos élèves pour qu’ils puissent adapter leur discours. 

 

Exemple

C’est vendredi après-midi2, vous êtes fatigué4 et votre amie de longue date5 vous invite à souper par texto après que vous avez annulé la semaine précédente. Vous n’avez pas envie de sortir ce soir. Vous lui dites... 

Les numéros font référence aux éléments du schéma ci-dessus (contexte et participantes ou participants). 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son refus 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?
    • À mon ami de longue date. Elle ne s’attend peut-être pas à un refus, comme vous avez annulé la semaine dernière. 
  • Pourquoi je refuse?
    • Je suis fatigué et je n’ai pas envie de sortir. 
  • Dans quel contexte je refuse (Personnes témoin, heure, lieu)
    • Je refuse par texto en après-midi. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un refus mal formulé?
    • Irriter, fâcher ou blesser mon amie.  

Prise de décision: selon les réponses aux questions ci-dessous  

  • Est-ce que je refuse?
    • Oui : pour m’imposer parce que je suis fatigué.
      • Merci pour l'invitation, mais j'suis vraiment brûlé, on se reprend. 
  • Non: pour ne pas nuire à ma relation avec mon amie. 

  

Après le jeu de rôle, vous pourriez proposer à vos élèves d’évaluer la convenance des réponses de leur collègue pour développer leur conscience des éléments contextuels et formels (Ellis et Roever, 2024).  

Exemple de questions de rétroaction par les pairs :  

  • Le refus était-il clair et poli? 
  • La justification du refus était-elle clairement énoncée ? 
  • Est-ce que vous insisteriez après ce refus? 
  • Comment le refus devrait-il être formulé ?   

Matériel pédagogique

Vidéo avec choix de réponses:

À venir

Séquences pédagogiques:

À venir

Exprimer son désaccord

Description de l'acte

EXPRIMER UN DÉSACCORD

L’acte de montrer son désaccord occupe une place centrale dans la communication quotidienne, car il permet de partager son point de vue en s’imposant tout en préservant la relation avec la personne avec qui l'on interagit.  

  

Selon le programme de Francisation du ministère de l’Éducation du Québec (MEES, 2015), l’apprentissage du français vise à permettre à l’adulte d’« agir de façon appropriée dans des situations variées de la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne ». Parmi ces situations, savoir montrer son désaccord adéquatement est essentiel pour entretenir des relations harmonieuses, éviter les malentendus et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté francophone. L’acte de s'excuser répond ainsi à plusieurs intentions de communication mentionnées dans le programme, notamment :  

  • Commenter l'actualité en justifiant son point de vue 
  • Rédiger une lettre pour le courrier des lecteurs pour donner son opinion 
  • Échanger avec des collègues ou un supérieur en contexte non formel 
  • Échanger avec son locateur ou son concierge pour expliquer un problème en vue de le résoudre 
  • Échanger sur ses activités quotidiennes et sur une expérience personnelle en contexte informel 

 

Pour soutenir l’enseignement de cet acte de parole, cette section comprend :  

  

  • Une section « Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant », qui présente les normes sous-tendant l'expression d'un désaccord ;  
  • Des sections qui offrent des pistes d’intervention en salle de classe, proposant des activités concrètes pour amener les élèves à reconnaître, comprendre et exprimer des désaccords adaptés à diverses situations de communication. 
    • Activation des connaissances 
    • Enseignement explicite des formes 
    • Adaptation d'activités de production 
    • Discussion, réflexion et réinvestissement 

Notez que la formulation des exemples reflète les données du Répertoire d’expressions conventionnelles du français québécois (Beaulieu et Reid, 2024). 

Connaissances préalables de l'enseignante ou l'enseignant

Description de l'acte de l'expression du désaccord

Le tableau suivant présente quelques stratégies communicatives possibles pour exprimer son désaccord (Gonzales-LLoret et Gaton-Gabriel, 2025) :  

 

Pour un schéma synthèse des formes susmentionnées, consultez ce document. 

 

Selon Brown et Fraser (1979), certains facteurs sont à prendre en considération lorsqu’on choisit notre formulation : 

 

Situation 1 :  Ton propriétaire cogne à ta porte pour venir te porter ton renouvellement de bail. Il t’apprend que le prix de ton loyer va augmenter de 50$ par mois, ce qui correspond aux recommandations du Tribunal administratif du logement (TAL). Tu es très surpris(e) parce que cela fait plusieurs années qu’il n’a pas augmenté significativement ton loyer et tu trouves cette augmentation exagérée. Tu lui dis : 

  

Exemples de questions à se poser pour se préparer à exprimer son désaccord 

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes? 
    • À mon propriétaire. Il s’attend à ce que je décide prochainement de renouveler ou non mon bail. Comme il a respecté les recommandations du TAL, il s’attend à ce que je sois d’accord avec l’augmentation proposée. 
  • Pourquoi j'exprime un désaccord? 
    • L'augmentation est trop élevée, selon moi (p. ex. aucune rénovation n’a été effectuée, cela fait longtemps que le propriétaire a acquis l’immeuble, etc.). 
  • Dans quel contexte j'exprime un désaccord? (Personnes témoin, heure, lieu)? 
    • Seul avec mon propriétaire, chez moi. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un désaccord mal formulé?
    • Paraitre impoli, entacher la relation avec mon propriétaire. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous  

  • Est-ce que j’exprime un désaccord 
    • Oui : pour faire valoir mon opinion, mes droits en tant que locataire. 
    • Non : pour ne pas nuire à ma relation avec mon propriétaire. 
  • Comment j’exprime mon désaccord? Un désaccord formulé de manière directe combiné avec des atténuateurs conviendrait. 
    • Euh, il me semble que c'est exagéré. Est-ce que je peux savoir ce qui justifie cette augmentation ? 

Pour un résumé de la situation 1, consulter ce document.

 

Situation 2 : Lors d’une réunion d’équipe, tes collègues soumettent un projet et vous  devez décider si vous voulez aller de l’avant., Tu as des réserves quant au projet. Tu dis à ton équipe : 

Exemples de questions à se poser pour préparer à exprimer son désaccord  

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes? 
    • À mes collègues. Ils s’attendent à de la rétroaction constructive en lien avec le projet. Comme ils présentent leur projet, ils s’attendent probablement à l’appui du reste de l’équipe.
  • Pourquoi j'exprime mon désaccord? 
    • Le projet présenté ne me semble pas adéquat alors qu’il semble trouver l’approbation des collègues. 
  • Dans quel contexte j'exprime mon désaccord? (Personnes témoin, heure, lieu) 
    • D’autres collègues sont présents dans la salle de réunion. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un désaccord mal formulé? 
    • Faire mal paraître mes collègues, paraître trop critique et nuire à ma relation avec mes collègues. 

Prise de décision : selon les réponses aux questions ci-dessous

  • Est-ce que j'exprime mon désaccord?
    • Oui : mon opinion est valable dans une équipe de travail et il s'agit d'une décision d'équipe.
    • Non : pour ne pas nuire à ma relations avec mes collègues ou paraitre trop critique.
  • Comment j'exprime mon désaccord? Un désaccord formulé de manière directe combiné avec des atténuateurs conviendrait. 
    • Ouin, je trouve que c’est un beau projet, mais je suis comme pas sûr de certaines parties. J'aurais quelques questions avant qu’on continue. 

 Pour un résumé de la situation 2, consulter ce document.

Phase d'activation des connaissances

Extraits de corpus pour exprimer son désaccord1

 

Personne 1 : Homme, technicien en travaux d'enseignement et de recherche, Lévis, 41-45 ans

Personne 2 : Homme, étudiant, Québec, 25-30 ans

Personne 3 : Femme, étudiante, Québec, 36-40 ans

Personne 4: Femme, étudiante, Lévis, 18-24 ans

Pour d'autres exemples, consultez les transcriptions suivantes.

Attirez l’attention de vos élèves sur les éléments du contexte et sur les intentions de la personne avec qui l'on interagit : 

  • Qu’est-ce que la personne veut faire/dire à son interlocutrice ou interlocuteur?   
  • Est-ce que les personnes sont fâchées/contentes/tristes/sincères?    
  • Est-ce que les personnes sont gentilles/ méchantes/drôles/sérieuses? 

Attirez l’attention de vos élèves sur les formes employées pour demander :    

  • Comment les personnes expriment leur désaccord ? (Quels mots, quels verbes sont utilisés?)    

Amenez les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques :    

  • Comment on exprime un désaccord dans votre langue?     
  • Que préférez-vous comme formulation dans votre langue?    
  • Qu’est-ce qui est commun/différent avec le français?    
  • Est-ce que vos interventions ressemblent à celles formulées par l’une ou l’autre des personnes?  
  • Quelle formulation préférez-vous?    
  • Avez-vous déjà eu de la difficulté à exprimer votre désaccord en français?  Dans quel contexte (famille, amis, travail, école, magasin, etc.)? 
  • Est-ce que les Québécoises et Québécois que vous connaissez expriment leur désaccord de manière appropriée (trop/pas assez direct, justification suffisante)? 
  • Vous êtes en désaccord avec votre patron à votre travail. Avez-vous la possibilité d’exprimer votre désaccord dans ce contexte? 

 

1Les extraits ont été produits dans le contexte suivant: « Lors d’une réunion, ton équipe et toi devez décider si vous voulez aller de l’avant avec un projet, mais tu as des réserves quant au projet. Tu lui dis :  » 

Enseignement explicite des formes et mise en pratique

Référez-vous à votre programme d'études local et à la section Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant afin de sélectionner des formes pertinentes pour vos élèves.

Les expressions qu'utilisent déjà vos élèves peuvent également être consolidées.

Vous pouvez prendre les extraits audios proposés dans la section Activation des connaissances comme point de départ ou d'autres données authentiques.

Après vous être assuré que les formes cibles ont été présentées aux élèves, proposez une activité de mise en pratique (production orale ou écrite), par exemple:

  • Jeu de rôle
  • Speed-dating
  • Exposé oral
  • Production écrite individuelle
  • Simulation de clavardage
  • etc.

[Capsule de modelage à venir]

Discussion, réflexion et réinvestissement

Par cette activité de discussion et de réflexion, votre objectif est d’attirer l’attention des élèves vers les éléments contextuels importants dans une interaction (voir l'onglet Connaissances préalables pour l'enseignante ou l'enseignant). Selon Félix-Brasdefer (2025), le fait d’engager vos élèves dans ce type d’activité leur permet de:  

  • Développer la capacité à comparer les actes de parole dans leur L1 et la langue cible;   
  • Réfléchir de façon critique sur leurs expériences;   
  • Négocier les facteurs contextuels (distance, pouvoir relatif et degré d’imposition) de façon collaborative;   
  • Recevoir de la rétroaction de votre part et de leurs pairs.  

  

Voici quelques exemples de questions et d’activités:  

  1. Questions de discussion  
  • Utiliserait-on les mêmes stratégies lorsqu’il s’agit de : 
    • Montrer son désaccord à son patron ; 
    • Montrer son désaccord à ses parents ; 
    • Montrer son désaccord à un ami ? 
  • Lorsque l’on doit montrer son désaccord, quelle quantité d’informations devrait-on donner à notre interlocuteur pour justifier son point de vue : 
    • Dans une relation patron-employé ; 
    • Dans une relation amicale ? 
  • Pour montrer son accord, quelles formulations seraient à privilégier ? Quels facteurs devraient être pris en compte ? 

 

  1. Faire un retour réflexif avec les questions d’activation pour noter les changements (ou non) dans les pratiques langagières des élèves   

Amener les élèves à réfléchir à leurs propres pratiques:    

  • Qu’ont appris les élèves au terme de cette séquence (similitudes et différences entre leur L1 et le français)?    
  • Qu’est-ce que les élèves préfèrent comme formulation en français? Est-ce que ça a changé?    
  • Est-ce qu’ils se sentent plus en confiance pour exprimer leur désaccord auprès de francophones?  

 

  1. Activités de réinvestissement   

Pour créer vos jeux de rôles, voici quelques indices contextuels que vous pouvez donner à vos élèves pour qu’ils puissent adapter leur discours. 

Exemple 

Vous allez au cinéma2 avec votre amie de longue date5. À la sortie du film, votre amie vous dit « Ce film était tellement mauvais!». Vous n’êtes pas d’accord. Vous avez adoré1 le film. Vous lui dites: 

Les numéros font référence aux éléments du schéma ci-dessus (contexte et participantes ou participants). 

 

Exemples de questions à se poser pour préparer la formulation de son désaccord   

  • À qui je parle? Quelles sont ses attentes?  
    • À mon ami de longue date. Elle s’attend à ce que je sois honnête. 
  • Pourquoi j’exprime un désaccord?  
    • Contrairement à elle, j’ai adoré le film.  
  • Dans quel contexte j’exprime mon désaccord (Personnes témoin, heure, lieu) ? 
    • J’exprime mon désaccord au cinéma. D’autres personnes peuvent être présentes. 
  • Quelles sont les conséquences possibles d’un désaccord mal formulé?  
    • Irriter, fâcher ou blesser mon amie.   

Prise de décision: selon les réponses aux questions ci-dessous   

  • Est-ce que j'exprime mon désaccord?  
    • Oui : pour être honnête et faire valoir mon point de vue.
      • T’es-tu sérieuse?  Moi, j’ai trouvé ça excellent!
    • Non: pour ne pas nuire à ma relation avec mon amie. 

 

Après le jeu de rôle, vous pourriez proposer à vos élèves d’évaluer la convenance des réponses de leur collègue pour développer leur conscience des éléments contextuels et formels (Ellis et Roever, 2024).   

Exemple de questions de rétroaction par les pairs :   

  • Le désaccord était-il clair et poli?   
  • La justification du désaccord était-elle clairement énoncée ?   
  • Est-ce que vous seriez fâché après ce désaccord?   
  • Comment le désaccord devrait-il être formulé ?    

Matériel pédagogique

Jasette (small talk)

Contenu à venir

Références

Liste bibliographique

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Notre équipe

À propos du projet

Cette plateforme a été élaborée dans le cadre du projet "Enseignement des normes interactionnelles du français aux personnes adultes immigrantes (peu) scolarisées établies à Québec: une preuve de concept", financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada.

 

Notre équipe

Florence Reid

Étudiante au doctorat en linguistique- didactique des langues, coordonnatrice du projet PREP-FLS

florence.reid.1@ulaval.ca

Caroline Deveau

Étudiante au doctorat en linguistique- didactique des langues, coordonnatrice du projet PREP-FLS

caroline.deveau.1@ulaval.ca

Suzie Beaulieu

Chercheure responsable du projet PREP-FLS, professeure titulaire au département de langues, linguistique et traduction.

suzie.beaulieu@lli.ulaval.ca

Visées du projet

Objectif général du projet​:

  • L'objectif de cette ressource est d'aider les enseignants de différents milieux à développer la compétence pragmatique​ de leurs élèves et d'aligner les intentions de communication présentées dans différents programmes à des visées pragmatiques​.

Objectif spécifique

  • Nous souhaitons optimiser les pratiques d’enseignement de la pragmatique pour les différents profils d’apprenantes et d'apprenants adultes.

  • Avec des partenaires appartenant à différents milieux, nous avons conçu et piloté des activités et des séquences d’enseignement arrimées au programme Francisation du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MEES, 2015) pouvant être mises en œuvre en francisation et en alpha-francisation.

Remerciements

  • Conseillères pédagogiques : Marie Catherine Barry (Centre Louis-Jolliet) et Mélanie Gagné (CSS des Monts-et-Marées)​

  • Enseignants et enseignantes collaboratrices: Javier Bejarano Ruiz, Carole Bourget, Frédérique Lafleur, Wolf-Dietrich Nagel, Roxane Saint-Hilaire et Andréanne Tremblay​

  • Étudiants et étudiantes : Maya Beyries-Lamarre, Clara-Maude Boisvert, Daphné Caron, Shanie Gaudet, Mila Goulet, Louanne Goulet, Camille Keeney, Marie-France Laganière, Vincent Leclerc, Samy Megnounif, Mylène Pouliot ainsi que les étudiantes et étudiants inscrits à DID-1962 (sessions hiver 2025​ et 2026)